L’éventuelle sortie du nucléaire est-elle possible ? Si oui, à quel prix ?

Les ‘négociateurs’ qui essaient (vainement jusqu’à présent, mi-novembre 2011) de constituer un gouvernement fédéral belge, ont l’intention de mettre en oeuvre la loi de 2003 – dite ‘loi de sortie du nucléaire’ – avec comme conséquences, une fermeture de 3 premiers réacteurs dès 2015 … Les 4 autres suivant en 2022, 2023 et finalement 2025.

Cette décision fait suite à l’accident de la centrale de Fukushima (Japon) survenu suite aux terribles séisme et tsunami de mars 2011 ; cet accident a provoqué une certaine psychose au sein de la population qui, mal informée sur les risques, fait l’amalgame entre un accident dans une centrale nucléaire (au Japon …) et les effets dévastateurs des bombes d’Hiroshima et Nagasaki. Il n’y a pourtant que peu de comparaisons possibles entre les deux, un réacteur nucléaire ne pouvant devenir une bombe nucléaire (au pire, une ‘bombe sale’, moins dévastatrice). Il est vrai que la sûreté nucléaire doit être la première priorité de cette industrie et, je suis intimement convaincu qu’elle l’est ; ce qui ne signifie pas que tout est parfait, des améliorations sont toujours possibles et c’est d’ailleurs l’idée des ‘stress-tests’ imposés par l’UE : trouver les points faibles et les corriger.

Les partisans de la fermeture des centrales nucléaires, généralement des personnes sans aucune culture/formation technique ou scientifique, ont un ‘argument-massue’ : d’autres pays se passent de nucléaire et ne vivent pas moins bien que nous. C’est vrai. Mais il faut éviter de comparer des pommes et des poires : si on prend l’exemple de la Suède qui dispose d’un potentiel hydroélectrique énorme, c’est possible, idem pour l’Islande dont le potentiel géothermique est substantiel, ou les pays du Sud qui sont inondés de soleil et ont de l’espace pour installer des ‘fermes solaires’, …Mais, en Belgique, au territoire particulièrement exigu, au relief assez plat (‘culmine’ à moins de 700m), à la densité de population et d’urbanisation très élevée, au climat assez peu ensoleillé, aux mins de charbon épuisées/fermées, … quelles sont les possibilités d’utilisation de ressources naturelles/renouvelables ? Elles sont, évidemment très limitées ! Pour prendre un exemple purement théorique (personne n’envisagerait de remplacer le nucléaire uniquement par de l’éolien, quoique …), pour remplacer les +/_ 5.600MWe de nucléaire par des éoliennes de 2MWe de capacité nominale, il faudrait 5.600/2 = 2.800 éoliennes pour obtenir la même puissance installée ; mais pour produire la même énergie, sachant qu’une centrale nucléaire produit +/- 8.000 h par an et une éolienne +/- 2.500 h/an, il faudrait alors 2.800x (8.000/2.500) = 8690 éoliennes soit plus d’une éolienne tous les 4 km² …. TOTALEMENT IRRÉALISTE ! Le résultat est tout aussi irréaliste pour du tout photovoltaïque.

La solution éolienne ou photovoltaïque, en plus d’être irréaliste en terme d’occupation du territoire, souffre d’un autre inconvénient majeur : l’intermittence. En effet, chacun sait que le soleil ne brille pas en permanence (déjà rien que la nuit …), de même le vent n’est pas toujours suffisant pour faire tourner les ‘moulins à vent’, cela signifie qu’il ne peut y avoir contiuité de fourniture d’électricité que si des centrales ‘classiques’ sont prêtes en permanence, à prendre le relais, ce qui signifie une consommation (généralement) de gaz pour les faire tourner à vide pendant que l’éolien et le solaire produisent suffisamment … Pas très économique ni écologique !!!

La solution proposée par les génies écologistes : remplacer le nucléaire par des centrales modernes (à haut rendement) au GAZ !
Comme si la Belgique disposait de réserves de gaz (qu’elle ne stocke même pas pour 90 jours de consommation comme demandé/imposé par l’UE) et comme si la Belgique n’était pas déjà très dépendante de l’étranger pour son approvisionnement énergétique …
Et comme si le prix de l’énergie n’était pas déjà (trop) élevé : la demande en combustibles fossiles augmentant suite à le fermeture des centrales allemandes, belges, … le prix du gaz risque d’exploser (certains prévoient une augmentation de l’ordre de 30ù d’ici à 2015) et avec lui le prix de notre électricité
Et, finalement, comme si la combustion du gaz, même dans des centrales hautes performances, n’émettait pas de CO2 (contrairement au nucléaire qui n’en émet pas pour la production d’électricité), que la Belgique n’avait pas d’engagements de réduction de ses émissions de GES dans le cadre du protocole de Kyoto et du plan européen 20/20/20 …

En guise de conclusion, on peut dire que la décision belge de se passer du nucléaire à court terme est une TRES MAUVAISE décision car elle va augmenter notre dépendance énergétique vis-à-vis de l’étranger (dont certains pays ‘instables’), elle va provoquer des risques de coupure d’électricité par déficit de capacité de production dans un réseau européen ‘limite’, elle va entraîner une augmentation substantielle du prix de l’énergie, elle va également entraîner un non-respect de nos engagements internationaux en matière d’émissions de GES et finalement, elle va détourner les jeunes de la filière nucléaire avec un risque de déficit de personnel qualifié pour le démantèlement des installations nucléaire. (tâche très complexe et critique) et la gestion des déchets.

RESULTAT : ZERO POINTE !